Antoine Bourdelle et Anatole France

Valérie Montalbetti Kervella

Responsable des sculptures et des collections de Bourdelle

Musée Bourdelle, Paris

1. En 1919, Antoine Bourdelle modèle le portrait d’Anatole France, alors que ce dernier séjourne dans la clinique du Docteur Couchoud, à Saint-Cloud [fig. 1]. Il réalise un premier buste, qui figure Anatole France, torse nu jusqu’au nombril (les bras collés au torse), tel un philosophe antique [fig. 2]. L’année suivante le sculpteur en tire une version en hermès (i.e. coupé pour former un bloc quadrangulaire à la base) et drapée [fig. 3].

2. Depuis la mort d’Auguste Rodin en 1917, Antoine Bourdelle (1861-1929) est considéré comme le grand statuaire français. Auteur d’Héraklès archer (1909), avec lequel il triomphe au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1910, il réalise les monumentaux bas-reliefs de la façade du Théâtre des Champs-Élysées[1] en 1912-1913. Ce projet lui permet de traduire à grande échelle ses conceptions de la sculpture : construction, synthèse, géométrisation. Il crée une œuvre très formelle tout en restant figurative, caractérisée par la puissance plastique.

3. Les relations entre France et Bourdelle sont bien antérieures à 1919, même si la création du buste permit aux deux hommes de mieux se connaître.

4. Leur première rencontre aurait pu se produire dès 1909, puisque France fait partie du Comité d’honneur[2] pour l’érection d’un Monument à Adam Mickiewicz par Bourdelle[3], mais elle n’eut pas lieu.

5. Bourdelle indique qu’il rencontra France pour la première fois en 1911[4], autour du Projet de Monument à Jean Moréas, poète symboliste grec d'expression française. L’artiste avait fait la connaissance de Moréas, à la Closerie des lilas[5] au début des années 1890. À la mort du poète en 1910, il fut requis pour mouler son masque mortuaire[6]. Il fit également plusieurs dessins de Moréas sur son lit de mort[7]. Un Comité présidé par Anatole France, se réunit Villa Saïd, en février 1911, pour confier la réalisation du monument commémoratif à Bourdelle[8]. Ce dernier y présenta une maquette du monument envisagé[9] :

6. Le pur sauvage que j’étais apportait un petit moulage de plâtre, empreinte prise en creux d'argile. Le bon maître prit mon ouvrage dans ses mains et sut très bien analyser ce modèle d'un monument. « C'est Moréas, cela, dit-il. Buste en haut d'une stèle droite, et par côté, en plan arrière de la stèle, Iphigénie debout, voilée, les bras levés, dont l'un ombrage le visage avec des plis du vêtement, et dont l'autre presse le buste. L'Iphigénie de Moréas. »[10]

7. Par la suite, on demanda à Bourdelle de céder la place à un jeune sculpteur grec, Costas Dimitriadis (1879-1943)[11]. Il subsiste du projet, outre la maquette, un buste du poète[12].

8. Au printemps 1916, Anatole France visite l’atelier de Bourdelle, 16, impasse du Maine[13]. L’artiste s’en réjouit auprès de son ami Jules Quercy[14]. À la suite de cette visite, France lui envoie un exemplaire de La Révolte des anges, dédicacé « À Émile Bourdelle / en sympathie et admiration / Anatole France »[15]. Un mois plus tard, après avoir lu l’ouvrage, Bourdelle lui envoie une lettre de remerciement : « Sous mon armature grossière de poussières, de plâtres, de boue, votre force d’écrivain est parvenue à atteindre et à distraire de son propre labeur mon âme tenace, en travail ; et je vous ai suivi à travers bien des temps, vous, NECTAIRE-ANATOLE-FRANCE. »[16] Bourdelle apprécie son « génie de la clarté », qualité qu’il cherche également dans sa sculpture.

9. À partir de 1918, les deux hommes se côtoient régulièrement, grâce au docteur Paul-Louis Couchoud, ami[17] et médecin de France et beau-frère de Bourdelle. Ce dernier écrit : « Je ne devais vraiment connaître Monsieur France que bien plus tard, chez mes beau-frère et belle-sœur Couchoud, à Saint-Cloud, puis à Versailles. »[18]

10. Couchoud, à la fois normalien agrégé de philosophie et docteur en médecine psychiatrique, est un érudit, féru de de cultures antiques et de culture japonaise. Il fait probablement la connaissance de France dans le Salon de Mme de Caillavet. Après avoir soutenu sa thèse en 1911, il prend la direction d'une maison de santé à Saint-Cloud[19], dont la propriétaire est Anthippe Sevastos (1879-1950), la belle-sœur de Bourdelle. Leur fille Marianne nait en 1914.

11. Bourdelle est associé aux relations quasi-familiales unissant les France et les Couchoud. Il assiste au mariage du couple Couchoud le 4 mai 1918 à Saint-Cyr-sur-Loire, à la Béchellerie[20], chez France. Lors du baptême de Marianne, vers 1920, à Saint-Cloud, Antoine Bourdelle et Mme France sont parrain et marraine[21].

12. Une photographie[22], vraisemblablement prise en 1919, immortalise une réunion plus officielle (diplomatique ?) entre l’émir Fayçal et Anatole France, en présence de Paul-Louis Couchoud (en uniforme de médecin militaire) et d’Antoine Bourdelle, à Saint-Cloud [fig. 4]. L’émir Fayçal (1884-1933), personnalité politique arabe de premier plan, séjourne à Paris en 1919, pour représenter le Royaume hachémite du Hedjaz à la Conférence de la Paix. Il sera roi d’Irak à partir de 1921 jusqu’à sa mort.

13. À cette époque l’écrivain s’intéresse aux projets de Bourdelle, voire en suscite. Au printemps 1919, France déjeune à Saint-Cloud avec le premier ministre grec Eleuthère Venizélos (1864-1936), et lui suggère d’élever à Athènes un monument au poète André Chénier (grec par sa mère). Il est entendu que Bourdelle, présent au déjeuner, sera chargé de le concevoir. Un comité prestigieux est constitué à cet effet[23], Bourdelle réalise une étude dessinée et une maquette, mais le projet n’aboutit pas (vraisemblablement à cause de l’échec de Venizélos aux élections en 1920).

14. En 1919 encore, Anatole France soutient Bourdelle pour l’obtention du Monument aux députés morts pour la France. Le monument devait s’élever à la Chambre des députés, dans le Salon du Roi, entre les décors de Delacroix. Il semblait acquis à Bourdelle, lorsqu’un sculpteur plus académique est sollicité[24], l’art synthétique de Bourdelle étant jugé trop moderne par certains parlementaires[25]. Le 22 juillet 1919, Anatole France écrit de La Béchellerie à Paul Deschanel, président de la Chambre, pour défendre la beauté du projet de Bourdelle. La lettre est publiée dans le quotidien L’Œuvre, le 6 août 1919 :

15. La Béchellerie, 22 juillet 1919.

16. Mon cher confrère et ami,

17. Si j’élève ma pensée vers les hauteurs où vous siégez, c’est que j’y suis naturellement porté et qu'il s’agit cette fois des intérêts de l’art qui, je le sais, vous sont chers tout autant qu’à moi.

18. Un sculpteur déjà renommé et promis à la plus haute gloire, Bourdelle, qui joint à une puissante imagination une science profonde, est l’auteur d’un projet de monument aux députés morts pour la patrie, dont vous admirerez, j’en suis sûr, la beauté à la fois sculpturale et architecturale. Ce projet, très étudié, a le mérite de s’associer parfaitement avec les peintures de Delacroix entre lesquelles il se propose de prendre place. Il remplit à souhait la niche à laquelle il se destine. Le mouvement de la figure est original et beau.

19. C’est sur la maquette de cette œuvre que j’attire votre attention. Examinez-la, je vous prie. Vous pensez bien que le seul amour de la beauté m’inspire cette prière. Elle sera entendue par l’homme que j’appelle (avec ou sans votre congé) l’ornement de la France.

20. Mon cher ami, mettez-moi aux pieds de Mme Deschanel et croyez à mes sentiments très affectueux.[26]

21. Finalement, aucun artiste n’emporta la commande.

22. À l’automne 1919, l’écrivain séjourne longuement à la clinique de Saint-Cloud, ce qui donne à Bourdelle l’occasion de mieux le connaître :

23. Là, il m'est arrivé d'être seul avec lui.

24. Là, j'ai pu ressentir quelle simplicité de cœur, quelle douce bonté était en ce maître admirable.

25. Sa bonhomie avait le génie de la grâce.

26. Puis survint la grande aventure de la création de son buste. C'est là que j'ai approfondi le haut caractère du maître.[27]

27. Le 15 novembre, Bourdelle réalise une série de dessins à la plume d’Anatole France[28] [fig. 5], qui, aux dires de Bourdelle, convainquent l’écrivain de poser pour son buste :

28. Ce sont les dessins qui l’ont décidé, reprend le statuaire, quand il vit leur sincérité, leur sérieux. Il m'avoua n’être pas très content de ce que l’on avait fait d’après lui, sculpturalement parlant. Mais je l’effrayais beaucoup. Vous connaissez ses goûts ? II en était demeuré, en art, au XVIIIe siècle. Il n’aimait pas Rodin, qu’il n'avait jamais compris. […] Quant à moi, il m’aimait beaucoup, mais me jugeait avec inquiétude : « II est bien gentil, disait-il à mon beau-frère. Quel dommage qu’il fasse fausse route. Il a du génie naturellement, mais il se trompe. »[29]

29. Lorsque Bourdelle entreprend un portrait, il se veut fidèle au modèle. Il a appris de Jules Dalou le travail analytique, compas à la main : il étudie le crâne précisément, de tous les côtés à la fois, mensurations, proportions, angles… ce dont témoignent notamment deux études dessinées d’Anatole France[30] [fig. 6]. Bourdelle cherche à comprendre la structure interne, car, pour lui, toute œuvre est avant tout une construction : « C’est la carcasse, c’est l’ossature qui m’intéresse. Savez-vous, maitre, que la sculpture c’est de l’architecture ? »[31] Il cherche aussi la vérité du modèle, ce qui le rend unique, notant creux et saillies, accents, inflexions, fouillant chaque partie du visage, allant jusqu’à montrer la mâchoire désaxée de l’écrivain [fig. 7] : « On a critiqué sa mâchoire désaxée. Vous vous souvenez ? Elle était bien comme cela ? Pouvais-je la faire autrement ? »[32] Il faut savoir voir ce qui dans un visage dit quelque chose de l’homme.

30. Mais encore, Bourdelle estime qu’il existe, entre l’observateur et son modèle, une gamme de vibrations, quelque chose d’impalpable, que l’artiste doit exprimer. Il doit faire surgir l’émotion du tréfonds de son âme, car tout portrait vrai est aussi celui de l’artiste : « le dessin ne se trouve pas dans le modèle mais en nous »[33].

31. Le sculpteur ne doit pas seulement comprendre le modèle mais le traduire formellement, pour le transfigurer et l’élever au rang d’œuvre d’art : tout en restant fidèle aux traits de France, Bourdelle les synthétise, se concentrant sur quelques lignes de force qui structurent le visage et concentrent l’attention sur le regard : malgré les prunelles vides, le regard est intense, au point que Paul Gsell évoque un « regard malicieux et pourtant voilé »[34]. Le modelé du torse (certes moins frémissant que chez Rodin, mais indiquant l’amaigrissement du corps dû à l’âge) ne rompt pas l’architecture générale du buste, dont les épaules tombantes impriment une lassitude à la silhouette. De même, barbe et chevelure ne sont pas traitées sur un mode naturaliste : il leur donne un aspect très graphique, presque rythmique [fig. 8].

32. Ce lent travail de maturation nécessite de nombreuses séances de pose, 45 aux dires de Bourdelle pour France. C’est d’autant plus éprouvant pour l’écrivain (âgé et frileux), que Bourdelle lui a demandé de poser torse nu :

33. Il arrivait en robe de chambre, n’ayant sous celle-ci que sa chemise. Il se déshabillait simplement. Sa bonhomie avait le génie de la grâce.

34. – A-t-il posé longtemps ? Beaucoup ?

35. – Il a bien posé trois séances par jour et durant quinze jours. Jamais modèle ne se prêta de meilleure grâce à mon labeur. Le salon était surchauffé. Après chaque séance, on le frictionnait à l'alcool. « Et vous savez, disait-il un jour en riant et me menaçant amicalement du doigt, il me ferait mourir ; il ne voit que sa sculpture. »

36. Comme toujours, Bourdelle cherche, doute, retravaille. Il raconte à ce propos une anecdote, qui atteste la gentillesse attentionnée de France :

37. Un jour, [France] me demanda, voyant mes efforts : « Vous n'aboutissez pas ?... quel labeur est le vôtre ! Je la comprends de plus en plus, votre haine des virtuoses ; grâce à vous, je pénètre dans la sculpture.” Le lendemain matin, il me trouva devant son buste, le front plissé. De sa robe de chambre, mystérieusement, il tira l'un de ses livres, l'un des plus célèbres. Sous ses doigts, les pages volaient devant mes yeux, raturées, surchargées, zébrées, hachées de notes et de corrections ; alors se penchant vers moi, avec un bon sourire : « Voyez-vous, dit-il, il n'y a que les imbéciles qui ne se corrigent pas. »[35]

38. Le travail est allé bon train puisque le 4 décembre 1919, Bourdelle annonce l’achèvement du buste à son ami Jules Quercy, et prévoit déjà la version drapée de 1920 : « J’ai terminé le buste d’Anatole France, qui est si enchanté qu’il dit à tous que jamais il n’a vu travailler avec une telle certitude. Il a posé nu jusqu’au coude. Je le draperai, ce sera un buste très important qui vivra loin après nous. »[36]

39. Il a créé une image d’Anatole France tel un sage à la gravité bienveillante mais empreinte de lassitude. Ceux qui ont connu France attestent de la ressemblance, telle l’auteure hongroise Sandor Kémeri, amie intime de l’écrivain :

40. Tête puissante à la manière d’un crâne de philosophe grec. Les yeux demi-clos, le front bossué pourrait appartenir aussi bien à Socrate qu’à la face sillonnée, ravinée, barbue d’Anatole France.

41. C’est bien France pourtant, reconnaissable au premier coup d’œil à la caractéristique du visage sculptée dans les beaux traits ironiques du vieux sage. L’archaïsme stylisé ne nuit nullement à la ressemblance. C’est là une création. Œuvre d’amour.[37]

42. En mars 1928, elle dédicace à Bourdelle une photo de France : « Au maître Antoine Bourdelle. Grâce à vous, Anatole France est deux fois immortel. »[38] [fig. 9]

43. Le jeune Claude Aveline fait la connaissance d’Anatole France grâce à Bourdelle. Il raconte sa seconde rencontre avec le maître, à Saint-Cloud, en 1919 :

44. Sur un socle, un buste de terre. Le buste d'Anatole France, la tête un peu penchée les épaules nues, songeur. Il dominait la pièce, paressait l’emplir. Il attirait le regard, le fixait, l’enchantait. Or, un bruit de savates me fit tourner les yeux. Et je vis Anatole France lui-même, souriant. Je regardai de nouveau le buste, grave. Mes yeux allèrent plusieurs fois de cette gravité à ce sourire. Et France me dit : « Vous vous demandez lequel est le vrai ?” »[39]

45. Aveline conclut : « Depuis 1924, c’est le France de Bourdelle qui est le vrai. »[40]

46. C’est le buste, torse nu, de 1919 qui est exposé au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1920, où il obtient un immense succès, les critiques insistant sur la ressemblance physique et morale. Plusieurs d’entre eux parlent de chef d’œuvre, tel l’éminent critique Paul Gsell :

47. Son buste d’Anatole France est un chef-d’œuvre. L’écrivain méditatif, sceptique, ondoyant et en même temps profondément humain, semble y vivre sous nos yeux. C’est bien là son visage affiné et aristocratique, son regard malicieux et pourtant voilé, son long nez voluptueux, ses lèvres entrouvertes toujours prêtes à des entretiens diserts et ironiques.[41]

48. Comme l’affirme le critique du Cri de Paris : « M. Anatole France a enfin trouvé son statuaire. C’est M. Bourdelle. »[42]

49. La nudité du buste suscite toutefois l’étonnement[43], voire la désapprobation[44]. Mais la plupart des critiques rappellent que la nudité anatomique est coutumière pour la représentation des philosophes, dans la statuaire antique (se référant à Sénèque[45]), mais aussi moderne, excipant l’exemple du Voltaire nu de Jean-Baptiste Pigalle[46]. Les critiques placent ainsi Anatole France dans la lignée des philosophes. L’un d’eux mentionne toutefois la nudité de Victor Hugo dans le monument d’Auguste Rodin[47].

50. Une édition en bronze fut acquise par l’État dès 1921[48]. L’écrivain possédait trois bustes en plâtre naturel : il en donna un à l’Opéra, et en conserva deux, l’un à la Villa Saïd, l’autre à La Béchellerie. Bourdelle aurait souhaité lui offrir un exemplaire en marbre de la version en hermès drapée, mais il tarda à le tailler et France était mort entre-temps.

51. L’œuvre de Bourdelle fut transcrite en gravure par Jules Perrichon, pour orner les rééditions d’œuvres de France par Claude Aveline : Alfred de Vigny en 1923 et Le jardin d'Épicure en 1924.

52. France meurt le 12 octobre 1924. Bourdelle est sollicité par le journal Les Nouvelles littéraires pour un article, qui sera publié en première page de l’édition du 18 octobre. Le défunt maître est exposé Villa Saïd, où Sandor Kémeri va se recueillir. Elle est bouleversée par la vision du buste de Bourdelle :

53. Le salon du rez-de-chaussée, Villa Saïd. Anatole France dans son cercueil, sur le haut catafalque, dort son rêve ultime. […] En face de cette chapelle ardente, dans la pénombre de l’étroit couloir […], le plâtre blanc du buste d’Anatole France luit, fantasmagorique. L’effet en est surnaturel, bouleversant. Il est là, dans le noir. Les lueurs tremblotantes des cierges tombent en légère bruine jaune sur le spectre blanc. C’était comme si le Maître lui-même, triste, vieux, résigné, fût apparu à ses propres funérailles.[49]

54. Désormais l’image d’Anatole France est bien celle créée par Bourdelle.

[1]Construit par Auguste Perret, avenue Montaigne à Paris.
[2]« Le monument Adam Mickiewicz », Mercure de France, 16 avril 1909, p. 767
[3]Inauguré en 1929 place de l’Alma, déplacé Cours Albert 1er dans les années 1950.
[4]« Beaucoup plus tard, ce fut un comité qui m’emmena chez Anatole France. J'en étais fort troublé :— Le bon maître vit dans une maison dite Villa Saïd, m'expliquait-on. Et je suivais le comité. » Antoine Bourdelle, « La mort d’Anatole France. Sa bonhomie avait le génie de la grâce. », Les Nouvelles Littéraires, 18 octobre 1924, p. 1
[5]Cléopâtre Bourdelle-Sevastos, Ma vie avec Bourdelle, Paris, Paris-Musées, Éditions des Cendres, 2005, p. 100. Bourdelle possédait Les Stances, La Plume, 1905.
[6]Ibid.
[7]Le musée Bourdelle conserve onze dessins de la tête de Moréas sur son lit de mort, dont l’un titré et signé « Jean Moréas mort / Émile Antoine Bourdelle. Statuaire. / Avril 1910 = St Mandé » (inv. MBD5632), et le masque mortuaire (inv. MBCO624).
[8]« Le Monument à Jean Moréas », Comoedia, 28 février 1911, p. 4 ; Sergines, « Les Echos de Paris », Les Annales politiques et littéraires, 26 février 1911, p. 203-204
[9]Conservée à Paris, musée Bourdelle, inv. MBPL3771
[10]A. Bourdelle, 1924, op. cit., p. 1
[11]Bourdelle-Sevastos, 2005, op. cit., p. 26
[12]Paris, musée Bourdelle, inv. MBPL3772
[13]Aujourd’hui, 16 rue Antoine Bourdelle, Paris 15e, emplacement du Musée Bourdelle
[14]Lettre autographe signée d’Antoine Bourdelle à Jules Quercy, 8 mai 1916 [Archives du musée Bourdelle, AB/B.3.08.B3.12] : « visite d’Anatole France. Sa sympathie et son admiration, il les a inscrites dans la dédicace d'un livre de lui qu'il vient de m'envoyer. Bonne recrue. »
[15]Bibliothèque d’Antoine Bourdelle, Musée Bourdelle, MB RES AB FRA 1914Le premier prénom de Bourdelle est Émile. À partir de 1906, il signe « Émile-Antoine », puis Antoine depuis 1919.
[16]Extrait de la lettre autographe signée d’Antoine Bourdelle à Anatole France, 5 juin 1916 [Vente Ader 21 juin 2024]
[17]P.-L. Couchoud est le témoin de mariage d’Anatole France et Emma Laprévote en 1920 (Excelsior, 12 oct. 1920, p. 1).
[18]Bourdelle, 1924, op. cit., p. 1
[19]2 avenue Pozzo-di-Borgo
[20]Deux photographies de l’évènement sont conservées au musée Bourdelle (inv. MBPH2982 et MBPH2983).
[21]Inv. MBPH2422 et MBPH2423. D’autres clichés conservés au musée figurent des réunions champêtres rassemblant les familles France, Couchoud et Bourdelle (inv. MBPH2420), dont une fête déguisée (inv. MBPH2916), à laquelle participent également Lucien Psichari et Jeanne Bergson (la fille du philosophe, élève de Bourdelle).
[22]Inv. MBPH2918
[23]« À André Chénier », Le Cri de Paris, 27 avril 1919, p. 9
[24]Georges Bareau (1866-1931), et possiblement aussi Max Blondat (1872-1925).
[25]« Pourquoi ? — Hélas ! je l’ai deviné de la bouche même d’un de mes collègues, […] quand il m’a dit d'une manière tranquille, avec un accent certain : « Bourdelle ?... Mais, c’est un cubiste ! L’autre est prix de Rome ! » in « Un monument aux députés morts pour la France. De l'art ou... autre chose ? », L’Œuvre, 6 août 1919, p. 3
[26]Ibid.
[27]Bourdelle, 1924, op. cit., p. 1
[28]Paris, musée Bourdelle, inv. MBD2913 à MBD2916
[29]André Dezarrois, « Quand Anatole France posait devant Bourdelle : conversation sur un buste », La Revue de l'art ancien et moderne, janvier 1925, p. 75-76
[30]Paris, musée Bourdelle, inv. MBD1351 et MBD6149.Il existe des dessins préparatoires similaires pour d’autres bustes, comme ceux de James Frazer et Auguste Perret.
[31]Dezarrois, 1925, op. cit., p. 77-78
[32]Dezarrois, 1925, op. cit., p. 76
[33]Daniel Marquis-Sébie, « Une leçon d’Antoine Bourdelle à la Grande Chaumière », Cahiers de la Quinzaine, 25 juillet 1930, p. 57
[34]Paul Gsell, Force française, 21 mai 1920 [Fonds Antoine Bourdelle. Revue de presse (1920-1922) MB_ARCH_BO_AB/G.3]
[35]Dezarrois, 1925, op. cit., p. 79
[36]Lettre autographe signée d’Antoine Bourdelle à Jules Quercy, 4 déc. 1919 [Archives du musée Bourdelle, AB/B.3.08.B3.93].
[37]Sándor Kémeri, Visage de Bourdelle, Paris, 1931, p. 61
[38]Paris, musée Bourdelle, inv. MBPH0171
[39]Claude Aveline, « Le Souvenir de Bourdelle », Jazz, 15 décembre 1929, p. 14-15
[40]Ibid.
[41]Paul Gsell, op. cit.
[42]Anonyme, « Un buste », Le Cri de Paris, 2 mai 1920, np
[43]Par ex. Albert Flament, « Le Salon de la Société Nationale », Le Monde illustré, 24 avril 1920, p. 221
[44]Par ex. Clément Vautel, Le Journal, 3 mai 1920 [Revue de Presse du musée]
[45]Cf statue antique Vieux pêcheur, dit Sénèque mourant, en brèche (roche), Paris, musée du Louvrehttps://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010275490
[46]Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785), Voltaire nu, statue, marbre, 1776, Paris, musée du Louvrehttps://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010090767
[47]Auguste Rodin (1840-1917), Monument à Victor Hugo, 1897-1901, marbre de Carrare, Paris, musée Rodin, S.00069https://www.musee-rodin.fr/musee/collections/oeuvres/maquette-pour-monument-victor-hugo-avec-meditation-et-muse-tragique
[48]Auj. musée d'Orsay, RF3173, fonte Rudier, 70 x 42 x 33 cm. Acquis par les Musées nationaux en 1921, il est attribué au musée du Luxembourg en 1922 et affecté au musée d'Orsay en 1986.
[49]Kémeri, 1931, op. cit., p. 37