Joyce et Svevo lecteurs d’Anatole France

Ivan Visioli PhD  Université de Trieste

1. Dans une lettre du 11 février 1907, Joyce écrit à son frère Stanislaus qu'il était en train de lire Anatole France, ajoutant que l'auteur français, après lui avoir déjà inspiré Ivy Day in the Committee-Room, lui inspirait maintenant une nouvelle histoire : The Dead.

2. Je lis en ce moment [...] Anatole France. Je me demande comment il a trouvé son nom. Crainquebille, bien sûr, est très bien et des parties ou plutôt phrases de ses autres livres. Cependant, je ne dois pas me plaindre puisqu'il m'a suggéréIvy Day in the Committee-Room, et qu'il m'a maintenant suggéré une autre histoire, The Dead. C'est étrange de savoir où l'on trouve des idées d'histoires[1].

3. L'intérêt de Joyce pour l'œuvre d’Anatole France ne semble d’ailleurs avoir été seulement épisodique si, le 19 janvier de l'année suivante, lui et son frère assistaient à une conférence sur Anatole France organisée à Trieste par Giulio Caprin.[2] Joyce citait à nouveau le nom de France dans une lettre de Paris, également adressée à Stanislaus, « L’Odyssée est dans l'air ici. Anatole France est en train d'écrireLe Cyclope » (Odyssey very much in the air here. Anatole France is writingLe Cyclope).[3] Le jugement exprimé par Joyce dans la lettre de 1907 apparaît quelque peu ambigu et contradictoire : si en effet d'un côté Joyce est amené à se demander comment France a pu parvenir à sa renommée, de l’autre part il fait l'éloge de Crainquebille, et de parties ou plutôt phrases de ses autres livres.

4. L'appréciation de Joyce semble donc porter principalement sur les qualités esthétiques et stylistiques de France, sur sa capacité à modeler le langage et sur la technique des phrases. Joyce fera également référence à Anatole France comme terme de comparaison et exemple d’excellence de la belle écriture même quand, dans l'enthousiasme de la première lecture de Senilità, il dira à son ami Italo Svevo que, dans son livre, il y avait des pages que même Anatole France n'aurait pas pu écrire mieux.[4]

5. Cette considération, qui vise principalement les qualités formelles plutôt que le contenu des œuvres, peut d'ailleurs se comprendre si l'on considère qu'en 1907, lorsque Joyce écrivait, France n'avait pas encore publié ses œuvres les plus matures, comme Les dieux ont soif (1912) ou La Révolte des anges (1914), dans lesquelles il approfondit sa réflexion historique et philosophique. Également il n’avait pas encore publié L'Île des Pingouins (1908), raffiné roman satirique qui mène à une amère réflexion sur les destinées de l'humanité, où la prophétie prononcée par le Dr. Obnubile semble avoir plusieurs traits communs avec celui de Zeno Cosini dans l'explicit de La Coscienza di Zeno par Svevo.

6. Puisque la richesse et la civilisation comportent autant de causes de guerres que la pauvreté et la barbarie, puisque la folie et la méchanceté des hommes sont inguérissables, il reste une bonne action à accomplir. Le sage amassera assez de dynamite pour faire sauter cette planète. Quand elle roulera par morceaux à travers l’espace une amélioration imperceptible sera accomplie dans l’univers et une satisfaction sera donnée à la conscience universelle, qui d’ailleurs n’existe pas.[5]

7.

8. Peut-être à la suite d’une catastrophe inouïe provoquée par les engins recouvrerons-nous la santé. Quand les gaz toxiques ne suffiront plus, un homme fait comme tous les autres, dans le secret d’une chambre de ce monde, inventera un explosif incomparable, face auquel les explosifs actuels seront considérés comme des jouets inoffensifs. Puis un autre homme, fait lui aussi comme tous les autres, mais un peu plus malade, volera cet explosif et grimpera au centre de la terre pour le placer en un point où son effet sera le plus puissant. Il y aura une énorme explosion que personne n’entendra, et la terre rendue à la forme de nébuleuse errera dans le ciel, débarrassée des parasites et des maladies.[6]

9. L'analogie entre les deux passages me semble évidente et témoigne de l'inspiration francienne du passage de Italo Svevo qui était certainement un lecteur attentif de France, comme en témoigne Svevo lui-même, par exemple dans sa lettre à Valery Larbaud du 16 mars 1925, « Vous savez que pendant la guerre à Trieste nous étions placés hors du monde civilisé. Pour cette raison le dernier nom qui m’était parvenu de votre pays était celui d’Anatole France ».[7]

10. L’influence francienne se retrouve aussi dans d'autres textes moins connus de Svevo comme dans la nouvelle Argo e il suo padrone où l'histoire est racontée du point de vue du chien comme dans Riquet de France.

11. Les similitudes entre le passage de La Coscienza di Zeno et celui de L'Île des Pingouins avaient déjà été notées en passant par Mario Lavagetto et, plus en profondeur, par Claudio Gigante et sont bien plus évidentes que celles que l'on peut trouver, par exemple, avec la Joie de vivre de Zola, également citée comme modèle possible pour l’explicit de La Coscienza[8] ; mais ce que les deux apocalypses ont surtout en commun, c'est le regard ironique porté sur les remèdes qui s'avèrent souvent bien pires que les maux qu'elles prétendent guérir.

12. Le personnage de Svevo comme celui de France voit l'explosion du monde comme la seule solution pour guérir les maladies incurables de l'humanité ; mais, même cette considération apocalyptique n'échappe pas au sourire ironique de l’écrivain français : si l'Homme constitue une maladie incurable pour la planète Terre, France – bon élève de son bien-aimé Lucrèce – constate que la Terre elle-même ne reste qu’un néant dans un Univers, de ce point de vue, sain. La même libération des parasites et maladies provoquée par la fin du monde n'entraînerait donc qu'une amélioration tout à fait imperceptible pour un Univers indifférent, à tel point qu'il ne semblerait pas utile d’accomplir la bonne action de faire exploser le monde pour en restaurer la santé seulement pour donner satisfaction à une conscience universellequi d’ailleurs n'existe pas.

13. Dans L'Île des Pingouins, la destruction du monde est souhaitée par le Dr. Obnubile, troublé par son incapacité à accepter les limites de la nature humaine et, de même, dans Les dieux ont soif, les atrocités commises par Évariste Gamelin, ne sont que la conséquence aberrante de son l'idéalisme et ses bonnes intentions. C'est, au fond, la même conclusion à laquelle Svevo parvient dans le dernier chapitre de La Coscienza, où le protagoniste, Zeno Cosini, est guéri grâce à la guerre et au commerce, précisément les maux les plus détestés par les idéalistes bien intentionnés comme Obnubile ou Gamelin.

14. Considérant que les maux de l’humanité sont présents aussi bien dans les époques de civilisation que dans celles de barbarie, France rejette à la fois l’exaltation acritique du progrès des positivistes et l’aspiration romantique au retour à la nature. De la même manière, Svevo oppose, ironiquement, comme seule alternative aux engines fournies par la civilisation, une peu attrayante, retour à la loi du plus fort.

15. Considérant l'inspiration francienne, et donc le caractère fondamentalement parodique de l'emploi par Svevo des mots santé et maladie (comme dans le cas de bonne action et sage par Anatole France), on peut mieux résoudre l'apparente contradiction entre la guérison de Zeno déterminé par la prise de conscience que « la vie, en bref, ne peut pas être considérée comme une maladie seulement parce qu'elle fait mal » (la vita, insomma, non può essere considerata quale una malattia perché duole) et l'affirmation ultérieure selon laquelle « tout effort pour nous donner la santé est vain » (Qualunque sforzo di darci la salute è vano).[9]

16. Si la vraie maladie consiste en fait dans l'incapacité d'accepter la douleur inévitablement présente dans la vie, et si cette incapacité semble caractériser particulièrement l'homme moderne, dans l’illusion positiviste de guérir en éliminant totalement tous les maux, grâce au progrès, Svevo oppose à la santé aberrante qui coïncide avec le retour, à travers un cataclysme monstrueux, à la loi du plus fort, une santé tout à fait différente et plus authentique, la seule véritablement accessible, consistant dans la conscience et l'acceptation des limites humaines.

17. Les considérations de Svevo semblent tout à fait analogues à celles que l'on trouve dans Thaïs : « À force d’étudier ce qu’on nomme les maladies, j’en suis arrivé à les considérer comme les formes nécessaires de la vie »[10], un passage que Svevo a peut-être gardé à l'esprit lorsqu'il a écrit la « la vie ressemble un peu à la maladie : elle procède aussi par crises et par dépressions » (La vita somiglia un poco alla malattia come procede per crisi e lisi ed ha i giornalieri miglioramenti e peggioramenti). [11]

18. Mais, en revenant à la lettre de Joyce, est-il possible d'identifier précisément quels textes franciens ont inspiré les deux récits des Dubliners ?

19. Richard Ellmann indique Le Procurateur de Judée comme une possible source d'inspiration puisque, dans ce récit francien, comme dans celles de Joyce, l'attention se porterait sur un mort qui n'apparaît pas.[12] Selon Ellmann, en effet, dans Le Procurateur de Judée, l'histoire se déroulerait dans l'ombre de celui dont Pilate ne se souvient pas (Jésus), sans lequel l'histoire du récit n'existerait pas et un rôle similaire serait joué par Parnell dans Ivy Day et Michael Furey dans The Dead.[13]

20. Cependant, ces déclarations ne semblent pas acceptables. En fait, seulement dans le cas de The Dead, Furey est un personnage incontournable de l’histoire ; tandis que Parnell dans Ivy Day est plutôt un souvenir auquel un hommage particulier est dédié et que Jésus, dans le Procurateur, n'est mentionné qu'en passant, de manière tout à fait fortuite.

21. Le conte francien, en fait, se concentre sur le récit fait par Ponce Pilate concernant ses années en tant que procureur de Judée. Contrairement à ce qu'affirme Ellmann, le discours de Pilate, comme le note aussi Leonardo Sciascia, n'apparaît pas du tout marqué par la raison, le calme et l’élégance (qualités qui, au contraire, peuvent être attribuées à son interlocuteur, l'épicurien Elio Lamia), essentiellement se résolvant dans une défense piquée de ses actes et dans une accusation pleine de ressentiment contre les Juifs, accusés par l’âgé Pilate de s'être opposés à lui par leur attitude fanatique et hypocrite. [14] Aux accusations que Pilate adresse aux Juifs, Lamia oppose sa sympathie pour les gens simples de ce peuple et, en conclusion, déclare qu'il est même tombé amoureux d'une prostituée juive – dans laquelle on peut clairement reconnaitre la figure de Madeleine – qui, cependant, l’a abandonné pour suivre un prédicateur, Jésus de Nazareth, qui a ensuite été exécuté par Pilate lui-même. L’ancien procurateur cependant ne se souvient pas du tout de lui.

22. Il est donc clair que l'histoire pourrait très bien se tenir même sans la référence tout à fait marginale que Lamia fait à la figure de Jésus ; bien que, évidemment, le lecteur, qui ne connaît Pilate que par le récit évangélique, s'attend que les protagonistes s'y réfèrent. C'est précisément sur cela que joue France, pour souligner comment, à l'époque où se déroule l'histoire, au milieu du premier siècle, l'histoire de Jésus était considérée comme tout sauf mémorable, comme le confirment les sources historiques contemporaines qui ignorent effectivement sa figure.

23. En réalité, une lecture attentive de la lettre de Joyce ne laisserait pas supposer que le même texte francien ait inspiré les deux récits des Dubliners : en effet, il semble peu probable que le texte de France que Joyce lisait en février 1907 et qui lui avait alors suggéré The Dead était le même que lui avait suggéré Ivy Day dans le passé. La circonstance a également été soulignée dans un article récent de M.F. Davis où l'auteur tente pourtant de démontrer que The Dead s'est inspiré de Procurateur à partir d'une série d'affirmations pour le moins risquées et souvent manifestement infondées. [15]

24. Selon Davis, le trait que le Procurateur aurait en commun avec The Dead serait même « l’effacement radical de Jésus de l’histoire » (the radical erasure of Jesus from the historical record) reconnaissant dans les deux récits « une histoire alternative sans Christ ni christianisme » (an alternative history without Christ or Christianinty) et « la possibilité contre-factuelle qu'il ait été oublié de l’histoire » (the counter-factual possibility of his having been forgotten from history).

25. Or, non seulement le récit francien ne nie pas du tout l’historicité de Jésus, mais, dans les mots de Lamia, elle l’affirme explicitement ! En outre, il n’est pas clair pourquoi l’idée selon laquelle Pilate, dans sa vieillesse, aurait oublié Jésus devrait être contrefactuelle, étant donné qu’elle ne contredit aucune donnée historique et ne contredit même pas le récit évangélique. On ne sait pas non plus dans quelle mesure l'oubli du vieux Pilate devrait conduire à un effacement de Jésus de l'histoire ou même à une histoire alternative sans christianisme. D'après les références fournies par France dans son récit, l'histoire se déroule environ l’année 57-58 après JC., alors que tant les documents historiques en notre possession que la tradition chrétienne attestent d'un christianisme encore balbutiant et certainement peu répandu ni connu. Par ailleurs, un auteur très cher à France, Ernest Renan, avait déjà affirmé que « Dans sa retraite, Pilate ne songea probablement pas un moment à l'épisode oublié qui devait transmettre sa triste renommée à la postérité la plus lointaine. »[16]

26. Mais c'est sur The Dead que Davis fait les déclarations les plus déconcertantes : du simple fait que le protagoniste s'appelle Gabriel comme l'ange de l'Annonciation, il conclut que l'histoire de Joyce raconterait même « la contraception du Christ » (the contraception of Christ), une affirmation que l'auteur déduit de la simple mention des galoches que Gabriel faisait porter à Gretta !

27. Aurait sans doute mérité une analyse plus approfondie la genèse d'Ivy Day, où l'élément qui l'unit le plus clairement au Procurateur n'est pas tant la présence d'un personnage mort qui couvrirait l'histoire de son ombre, mais plutôt le thème politique du dialogue entre les personnages qui constitue en fait le motif central des deux récits. Tant le dialogue entre Pilate et Lamia que celui des agents électoraux d'Ivy Day portent sur le même sujet : les relations entre un Empire (Romain ou Britannique) et un peuple qui lui est soumis (les Juifs ou les Irlandais). Ainsi, les discussions chez Joyce sur l'opportunité de l'hommage à Édouard VII par les sujets irlandais font écho aux attitudes ambiguës des Juifs à l'égard des autorités romaines dans le récit de Pilate.

28. Curieusement, à Davis, qui avait observé à juste titre que les deux récits joyciens n'avaient pas forcément la même source et qu'une similitude structurelle peut être reconnue entre Le Procurateur et Ivy Day, échappe la conséquence logique qu'il aurait dû en tirer : si Joyce a pensé au Procurateur en écrivant Ivy Day, l'inspiration pour The Dead se trouve probablement ailleurs. Ellmann lui-même affirme qu'il est possible que Joyce se soit inspiré d'autres textes franciens même s'il n'approfondit pas cette possibilité, préférant se concentrer uniquement sur Le Procurateur.

29. Dans un autre article, nettement plus précis,[17] il a été observé à juste titre que The Dead est fondamentalement, comme le titre même l'indique, une histoire qui parle de la relation avec le monde des morts. Stanislaus Joyce écrivait que c'est « d’une certaine manière une histoire de fantômes, de morts qui reviennent » (in the way, a story of ghosts, of the dead who return).[18]

30. Probablement influencé par la suggestion d'Ellmann, Jacquet a suggéré, comme sources, les récits présents dans le même recueil du Procurateur, L'Étui de Nacre, où le thème des fantômes d'amants morts prématurément qui reviennent retrouver leurs bien-aimés est présent dans La messe des ombres, Leslie Wood et l'Aube.

31. La clé de la solution, cependant, pourrait être trouvée dans la même lettre de Joyce: si en fait Crainquebille – le seul récit de France qui y est explicitement cité - n'a aucune similitude avec aucun des deux récits des Dubliners, le recueil dans lequel il est inclus, Crainquebille, Putois, Riquet et plusieurs autres récits rentables (1904) pourrait très bien être le volume que Joyce lisait lorsqu'il écrivit à Stanislaus, d'autant que, dans ce recueil, les histoires de fantômes ne manquent pas et que dans l'une d'entre elles, Émile, le souvenir d'une jeune fille morte est évoqué par une chanson qu'elle aimait chanter, comme c'est le cas de Michael Furey dans The Dead.

32. Mais, de manière générale, la relation des vivants avec le monde des morts et leur mémoire est l'un des thèmes récurrents dans l’œuvre d’Anatole France. Par exemple, le souvenir de Gretta et sa vision de Michael Furey peuvent rappeler Les Autels de la peur, (d'où est tiré L'Aube susmentionné) où le bruit du vent parmi les branches évoque pour la protagoniste le souvenir de son bien-aimé mort tragiquement, ou Les Affinités où une femme a la vision de son bien-aimé à l'agonie. Par ailleurs, dans Le Crime de Sylvestre Bonnard, France écrit « L'humanité se compose presque toute entière des morts, tant c'est peu que les vivent au regard de la multitude de ceux qui ont vécu »[19] réflexion qui semble rappeler celles de Gabriel à la fin de The Dead. Comme on peut le déduire de la référence insérée par Joyce dans sa lettre aux autres livres, ces textes étaient, selon toute vraisemblance, bien connus de l'auteur irlandais et c'est donc probablement dans l'ensemble des écrits franciens qu’on doit rechercher l’inspiration pour The Dead.

[1](I’m reading at present […] Anatole France. I wonder how he got his name. Crainquebille, of course, is very fine and parts or rather phrases of his other books. However I mustn’t complain since he suggested Ivy Day in the Committee-Room, and has now suggested another story The Dead. It is strange where you get ideas for stories.)
[2]Voir « Anatole France a l’Università del Popolo », Il Piccolo, Trieste, 20 janvier 1908.
[3]Richard Ellmann, James Joyce, New York, NY: Oxford University Press, 1959, p. 490.
[4]R. Ellmann, Ibid., p. 272.
[5]Anatole France, Œuvres, éd. Marie-Claire Bancquart, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », t. IV, 1994, p. 113-114.
[6]Italo Svevo, La conscience de Zeno, traduit par Paul-Henri Michel, Paris, Gallimard, 1986, p. 536. (Forse traverso una catastrofe inaudita prodotta dagli ordigni ritorneremo alla salute. Quando i gas velenosi non basteranno più, un uomo fatto come tutti gli altri, nel segreto di una stanza di questo mondo, inventerà un esplosivo incomparabile, in confronto al quale gli esplosivi attualmente esistenti saranno considerati quali innocui giocattoli. Ed un altro uomo fatto anche lui come tutti gli altri, ma degli altri un po’ più ammalato, ruberà tale esplosivo e s’arrampicherà al centro della terra per porlo nel punto ove il suo effetto potrà essere il massimo. Ci sarà un’esplosione enorme che nessuno udrà e la terra ritornata alla forma di nebulosa errerà nei cieli priva di parassiti e di malattie)
[7]Italo Svevo, Carteggio con James Joyce, Valery Larbaud, Benjamin Crémieux, Marie Anne Comnène, Eugenio Montale, Valerio Jahier, Milan, Dall’Oglio, 1978, p. 53-54.
[8]. Mario Lavagetto, L’impiegato Schmitz e altri saggi su Svevo, Turin, Einaudi, 1986, p. 205-06; Claudio Gigante, Una coscienza europea: Zeno e la tradizione moderna, Roma, Carocci, 2020.
[9]I. Svevo, La conscience de Zeno, loc. cit., p. 535.
[10]Anatole France, Œuvres, éd. Marie-Claire Bancquart, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », t. I, 1984, p. 839.
[11]I. Svevo, Ibidem.
[12]«In both stories the central agitation derives from a character who never appears, who is dead, absent», (R. Ellmann, loc. cit. p. 252-253.)
[13]« The story is overshadowed by the person whom Pilate does not recall; without him the story would not exist. Joyce uses a similar method in 'Ivy Day' with Parnell and in 'The Dead' with Michael Furey », (R. Ellmann,Ibidem)
[14]Leonardo Sciascia, nota, dans Anatole France, Il Procuratore di Giudea, Palermo, Sellerio, 1980.
[15]Michael F. Davis, Anatole France, Oscar Wilde, and James Joyce. A Queer Genealogy of “The Dead”, “English Literature”, vol. 9 (décembre 2022), Venise, Edizioni Ca’ Foscari - Venice University Press, coll. « English Literature », vol. 9, no 1, 2022, p. 43-66.
[16]Ernest Renan, Vie de Jesus, chap. XXVII
[17]Jacquet Claude, « James Joyce et Anatole France : l'amour est plus fort que la mort », Les Romantismes irlandais – In honorem Patrick Rafroidi, coll. « Études irlandaises », Hors-Série, 1991, p. 161-165.
[18]Stanislaus Joyce, Recollections of James Joyce, trad. Ellsworth Mason, New York, James Joyce Society, 1950, p. 20.